Jacques Baillodz - 1476

Jacques Baillodz est l'ancêtre commun de la casi-totalité des Baillod, une figure légendaire, il est le tronc de notre arbre généalogique. Il s'illustra par un courage exemplaire au pont de Thielle en 1476. Voici le récit de ses faîts d'armes :

"Au mois de mars 1476, après sa défaite devant Grandson, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, rassembla de nouveau une formidable armée, pénétra en Suisse par Orbe, marcha sur Morat, Berne et Fribourg. Il confia le commandement de son armée au comte de Romont qui se mit en route avec l'avant-garde et s'arrêta à Estavayer; il commença alors à guerroyer contre les Suisses. Après avoir réuni tous ses hommes d'armes, il s'avança par Cudrefin à travers les marais, et par la vallée de la Broie. Il surprit à l'improviste le village d'Anet. Au premier signal des sentinelles que les Confédérés avaient placés pour faire bonne garde, les campagnards des deux sexes apparurent pleins d'ardeur, munis de toutes sortes d'armes. Les gens de la Neuveville et de Neuchâtel accoururent au secours de leurs voisins.
Déjà un nombre considérable de Savoyards allaient opérer leur passage sur le pont de Thielle resté sans défense, lorsque Jacques Baillod, banneret de Neuchâtel, un homme de haute stature, s'élança seul au-devant de l'ennemi. Armé en guerre, muni d'une hache d'arme et protégé par son bouclier, il se précipita sur l'ennemi en criant : "A moi, enfants de la Comté !". Jacques Baillod défendit victorieusement le passage du pont de Thielle contre le comte de Romont; sa hache jetait l'épouvante dans les rangs des Savoyards et donnait la mort à tous ceux qui en était atteints. Après une longue résistance et des efforts surhumains, notre héros, comme Horatius Coclès le fit sur le pont de Sublicius à Rome, parvint à mettre en fuite cette foule de guerriers qui, tous bien armés, s'étaient rués comme des furieux sur ce courageux Neuchâtelois. A cette vue, le comte de Romont, dont une partie de sa troupe venait d'éprouver un grand échec à Anet, où les femmes se battirent héroïquement, retourna sur ses pas; trop faible, disait-il, pour résister à de pareils hommes, il rejoignit le gros de l'armée du duc de Bourgogne et alla se faire hacher devant Morat."

Jean-Pierre Baillod - Chancellier de la ville de Neuchâtel (de 19?? à 19??)

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